18 septembre 2008
La dernière bataille
Un texte d'anticipation très cours écrit pour un concours dont le thème était : La dernière bataille
Cent jours… Cela fait exactement cent jours que cette guerre a commencé. Cent jours que la Terre entière a basculée dans le chaos sans aucun espoir d’une issue pacifique. Cent jours qui ont vu disparaître la totalité des dix milliards d’individus que comptait cette planète exsangue. Cent jours pendant lesquels des continents entiers ont été balayés par le feu nucléaire et les bombes bactériologiques. Cent jour de fureur, de combat, d’atrocité en tout genre, cent jour ou l’humanité a montré le pire d’elle-même avant de s’éteindre définitivement. Cent jours….. il n’aura suffit que de cent jours pour réduire à néant des millénaires d’histoire. Cent jours auxquels j’ai survécu par je ne sais quel miracle, sans doute parce qu’il faut toujours un dernier.
Je suis le sergent Stinger, matricule 48 059, mais est-ce vraiment important ? Je suis juste un soldat blessé qui vient de tuer un dernier adversaire dans le dernier corps à corps de la dernière bataille de la dernière guerre. Son cadavre gît non loin de moi face contre terre et je suis la, à le regarder en me demandant qui il était. Question futile dans un moment pareil et dont la réponse me sera à jamais inconnue. Je me dis en souriant que les rôles auraient put être inversés, qu’il aurait put avoir " l’immense privilège " d’être le dernier homme sur terre. La lame en acier trempé d’un couteau de combat en a décidé autrement. C’est moi le dernier homme, c’est moi l’ultime représentant d’une race arrogante qui à finit par s’auto exterminer après avoir irrémédiablement condamné le monde qui l’a vu naître.
Je pourrais me tromper, mais au fond de moi je sais que je suis le dernier. C’est une sensation étrange, un profond sentiment de solitude accentué par ce silence oppressant. C’est comme un manque, une absence insupportable, une sorte de lien empathique définitivement brisé. C’est à la fois une détresse absolue et un soulagement immense, une impression vertigineuse d’être seul sur cette planète et une effroyable terreur de se savoir le dernier. Je suis le seul témoin et l’ultime victime, mais aussi le dernier responsable de ce désastre programmé, coupable, comme tous les autres depuis des millénaires, d’avoir mené l’humanité vers ce terrible gâchis.
Vu la gravité de ma blessure et les taux élevés de radiations qui règnent ici je sais qu’il ne me reste que peu de temps à vivre. La mort ne me fait pas peur mais, étrangement, le fait de savoir que personne ne sera là pour se souvenir de moi me terrifie au plus haut point. Je m’allonge pour la dernière fois et je regarde le ciel qui s’assombrit laissant apparaître les premières étoiles d’une nuit dont je ne verrais pas la fin. Mon regard se perd dans la contemplation de cet espace infini et je me réjouis en pensant que l’homme, malgré sa soif de conquête, n’aura pas eu le temps de le corrompre. Avant de sombrer définitivement dans mon dernier sommeil une pensée me fait sourire, comme un ultime caprice du destin. Je suis le dernier homme sur cette terre et mon prénom est Adam…
16 septembre 2008
Onirisme
Je suis un grand fan de l'oeuvre d'H P Lovecraft et j'ai écris plusieurs textes proches de l’univers de cet écrivain que j’apprécie particulièrement. Voici donc un voyage onirique par delà le mur du sommeil dans des contrées inaccessibles au commun des mortels ou l’étrange se mêle à l’indicible.
Onirisme
Je marchais depuis un temps indéterminé sur ce sentier étroit qui serpentait entre d’immenses troncs d’arbres fossilisés s’élevant à des hauteurs vertigineuses. Leur surface grise et d’aspect rugueux était parfois parcouru d’une sorte de frémissement, comme si quelques parcelles de vie habitaient encore ces géants retournés depuis longtemps à l’état minéral. J’évitais autant que possible de les toucher et je pressais le pas, espérant sortir au plus vite de cette forêt pétrifiée qui commençait à me rendre mal à l’aise. A plusieurs reprises j’eus le sentiment étrange d’être observé, épié par quelque chose qui me suivait et qui se glissait subrepticement derrière les hauts cylindres de pierre à chaque fois que je regardais en arrière. Peu à peu ce sentiment se transforma en peur puis en panique et je me mis à courir sans me retourner, suivant autant que possible l’étroit sentier. Les troncs défilaient à vive allure et je sentis mon cœur cogner à m’en faire exploser la poitrine. Le souffle vint à me manquer et j’ouvris grand la bouche, cherchant dans un futile effort à aspirer la moindre bouffée d’air. Un voile noir obscurcit un instant ma vision et je sentis les muscles des mes jambes commencer à se tétaniser sous l’effort de cette course effrénée. Au moment même ou je croyais définitivement succomber une lumière éblouissante m’aveugla un court instant. C’est ce moment que choisirent mes jambes pour flancher. Emporté par mon élan, je fis un roulé boulé et je m’étendis de tout mon long face contre terre avant de perdre connaissance.
Une douce sensation de chaleur me fit reprendre conscience et je me réveillais allongé dans l’herbe encore humide de rosée d’une prairie verdoyante située à flanc de colline. Je me mis sur le dos et je restais là un long moment à regarder le ciel sans nuage jusqu'à ce qu’un détail surprenant me fasse me lever brusquement. Je parcourus du regard cet azur immaculé et constatais avec une certaine angoisse que quelque chose manquait cruellement. Il faisait pourtant jour mais aucun soleil ne brillait dans le ciel. Passé le choc de cette découverte je me décidais à continuer ma route. Je jetais un dernier regard en arrière, vers le haut de la colline ou se dressait la lisière de la forêt pétrifiée et je cru discerner comme une ombre furtive qui se glissa dans entre les troncs avant que je puisse en définir la forme exacte.
Malgré cette absence inexplicable de soleil, il commençait à faire chaud et j’avais très soif. Je retirais ma veste, j’ouvris le col de ma chemise et je descendis la colline en direction de ce qui semblait être un petit étang. Le paysage alentour était d’une beauté indéniable mais j’y décelais comme une sorte de perversion maligne invisible au premier coup d’œil qui le rendais soudain beaucoup moins attrayant dés que je m’attardait sur les détails. L’herbe était d’un vert parfois vif et clair et l’instant suivant d’un vert blafard avec des nuances jaunâtres. Les bosquets d’arbres qui parsemaient les collines environnantes semblaient tout à fait normaux jusqu'à ce que je remarque que leur feuillage n’était en fait qu’un grouillement de formes serpentines. Et puis il y avait ce silence ! Aucuns chants d’oiseaux ni bourdonnements d’insectes, même le bruit de mes pas me parvenait étouffé à l’extrême. Tout cela devint oppressant et un profond malaise commença à s’emparer de moi.
Quand j’arrivais à proximité du petit étang je me laissais tomber à genou, les bras ballants et le cœur battant la chamade. Je me penchais vers l’eau cristalline et m’apprêtais à y tremper mes mains afin de me rafraîchir, quand une forte vibration accompagnée d’un bruit sourd fit trembler le sol et provoqua une série de vaguelettes sur le plan d’eau. La surprise faillit me faire chuter la tête la première dans l’eau. Le phénomène se reproduisit une seconde fois, puis une troisième et cela devint comme un puissant martèlement régulier et de plus en plus intense. Je me relevais précipitamment et j’aperçus au loin, derrière la ligne de crête d’une série de colline, une ombre gigantesque aux formes changeantes. Elle avançait au rythme des martèlements et j’en déduis avec horreur que ce devait être le bruit des ses pas. Je vis des silhouettes incertaines quitter l’abri des bosquets au loin et se diriger rapidement dans ma direction, comme chassés par ce qui approchait. Je me retournais et je me mis à courir, oubliant ma fatigue et ma soif, ne pensant qu’à une chose, fuir.
Je contournais rapidement l’étang et je gravis la petite colline qui le dominait. A mi-chemin du sommet j’aperçus une cavité sur ma gauche et au mépris de tout autre danger que celui qui se trouvait derrière moi, je m’y précipitais dans l’espoir de trouver un abri sur. Je m’y engouffrais mais je restais à proximité de l’entrée, derrière une grosse pierre, ne voulant pas tomber sur quelque autre horreur tapie au fond de cette petite grotte. A l’extérieur le bruit se rapprocha et une forte odeur nauséabonde, relents fétides de matières en décomposition, me força à me couvrir le visage avec un pan de ma chemise pour ne pas suffoquer. Soudain quelques chose entra dans la grotte en poussant des petits cris plaintifs et se fondis dans l’obscurité. Je n’étais plus seul dans mon refuge, mais l’avais-je vraiment été ?
Après ce qui me sembla une éternité, la terrible abomination fini par s’éloigner et le silence revint, plus oppressant que jamais. Je restais là tremblant, scrutant fiévreusement le fond de la grotte ou l’obscurité insondable m’empêchais de voir ce qui s’y trouvait. Pourtant je me sentais observé. Par moment j’entendais une sorte de souffle irrégulier et une odeur douçâtre, indéfinissable et écœurante agressait mes narines. Je finis par me décider à bouger et je me glissais doucement vers l’ouverture, bien décidé à fuir le plus vite possible. C’est le moment que choisi l’intrus pour sortir de l’ombre. En le voyant s’avancer dans la lumière mon sang se glaça et je fut incapable de bouger, paralysé par une vague de terreur. Cela faisait la taille d’un ours grizzly, il possédait quatre énormes serres aux griffes acérées reliées par paire à ses deux membre antérieurs par de court avant-bras. Sa fourrure sombre et suintante grouillait d’une multitude de petits organismes et ses membres postérieurs semblaient étonnamment courts. Deux yeux exorbités d’un rose malsain, disposé de chaque coté d’une tête massive me fixaient de façon terrifiante, mais le pire c’était la gueule hérissée de croc. Contre toute logique anatomique, elle s’ouvrait verticalement, du sommet jusqu’à la base du crâne d’où s’écoulait une humeur bleuâtre qui se répandait en petite flaque visqueuse sur le sol.
L’horrible créature continua d'avancer vers moi, en ouvrant largement son improbable gueule et par pur réflexe de défense je tendis la main pour me protéger. La terrible mâchoire se referma sur elle dans un claquement sec et sonore, la sectionnant au niveau du poignet. Fou de douleur je retrouvais un peu d’énergie pour m’enfuir de la grotte et je descendis à toute vitesse la colline. Un faux pas me fit trébucher et je tombais en avant. La pente aidant je me mis à dévaler cul par-dessus tête jusqu’en bas et je fis un plongeon dans le petit étang dont l’eau fraîche me saisit…
Je me réveillais en criant. J’étais en sueur et empêtré dans mes draps. Dehors le soleil était déjà haut dans le ciel et ses rayons bienfaisants baignaient ma chambre dont la fenêtre était grande ouverte. Les chants des oiseaux et les odeurs printanières finirent de me réveiller et chassèrent de mon esprit les dernières bribes du cauchemar que je venais de faire. Je retombais en arrière la tête sur l’oreiller, tout prêt à prolonger un peu cette nuit agitée quand je ressentis une douleur fulgurante au bras gauche. Je poussais un hurlement d’épouvante et ma raison vacilla quand je découvris un moignon sanguinolent recouvert d’une humeur bleuâtre…
15 septembre 2008
Une étrange découverte
Voici un texte directement inspiré de mes parties de "L'Appel de Cthulhu" , le jeu de rôle basé sur l'oeuvre de H.P. Lovecraft.
Une étrange découverte
Forêt Guyanaise - janvier 1933.
La barque avançait difficilement à cause de l’épaisse couche de plantes aquatiques qui recouvrait la surface de la rivière et l’atmosphère étouffante de la jungle tropicale rendait chaque effort pénible. A l’avant de l’embarcation l’archéologue Robert Howard, professeur à l’université Miskatonik d’Arkham et éminent spécialiste des civilisations précolombiennes, scrutait continuellement les berges, baissant parfois la tête pour éviter les nombreuses branches basses et les lianes qui descendaient presque à fleur d’eau. A l’arrière, le capitaine Antoine Dumont, ancien officier de l’armée française et aventurier notoire, s’escrimait sur une longue perche de bois pour faire avancer la barque en pestant contre cette végétation luxuriante qui ralentissait considérablement leur progression.
Cela faisait maintenant trois jours que les deux hommes remontaient ce bras du fleuve Maroni à la recherche des vestiges d’une civilisation jusqu’alors inconnu. C’est un vieil indien de Maripasoula qui avait parlé au professeur Howard de murs et de statues au beau milieu de la forêt. Un lieu étrange et dangereux, plus ancien que la forêt elle-même, que ses semblables évitaient. Un témoignage confirmé par un ancien bagnard français rencontré en Guyane Hollandaise, qui avait traversé une sorte de temple en ruine, non loin du fleuve, en tentant de trouver un chemin pour passer la frontière, après son évasion du pénitencier de Saint-Laurent. D’après ses dires, l’endroit était infesté de nombreux insectes qui grouillaient aussi bien au sol que sur les arbres et les murs de pierre. Ses compagnons et lui ne s’étaient pas attardés dans cet endroit sinistre mais il avait appris plus tard que l’un d’eux y était retourné, motivé sans doute par la recherche de quelques hypothétiques trésors. Cela faisait maintenant une quinzaine d’années et personne ne l’avait jamais revu.
Alors qu’il observait méticuleusement la rive droite, le professeur Howard repéra l’embouchure d’un affluent en partie obstrué par la végétation. Il aida le capitaine Dumont à diriger leur barque dans cette direction et, après avoir dégagé le passage à la machette sur une dizaine de mètres, ils débouchèrent sur une partie très élargie de la rivière, formant un véritable étang circulaire de plusieurs dizaine de mètres de diamètre. A l’opposé de cette étendue d’eau, recouverte de nénuphars et éclairée par les rares rayons de soleil qui arrivaient à percer l’épaisse canopée, se dressait une stèle en forme de crane stylisé. A proximité, un escalier de pierres moussues, en partie recouvert par les racines des arbres alentours, grimpait abruptement un escarpement rocheux. Au sommet se dressait une arche colossale dont l’architecture improbable semblait défiée toutes les lois de la physique.
- Je crois que nous avons trouvé ce que nous cherchions professeur.
- En effet capitaine, c’est tout bonnement extraordinaire. Je n’ai jamais rien vu de pareil. Approchons-nous.
- Regardez professeur ! On dirait que les marches bougent ! Lança le capitaine Dumont alors que l’embarcation s’avançait en direction de l’escalier.
- Mon Dieu ! Ce ne sont pas les marches qui bougent capitaine, elles grouillent littéralement d’insectes. Ont dirait des blattes mais il y a aussi des scolopendres et sans doute des iules et des cloportes. Ils sont énormes..
- Et nombreux ! Je n’ai jamais vu une telle concentration de vermine comme celle là.
- Moi non plus capitaine, c’est assez étrange. Si nous voulons grimper la- haut il va falloir dégager le passage.
- Des torches devraient faire l’affaire, ces bestioles n’aiment pas le feu en général. Il y a du pétrole pour les lampes dans un bidon et de la toile de coton au fond du bateau. Il suffit juste de trouver quelques branches.
Les deux hommes accostèrent près de l’escalier juste sous la stèle en forme de crane et restèrent dans la barque pour confectionner une demi-douzaine de torches à l’aide de branches. Ils s’équipèrent aussi chacun d’une arme de poing, des revolvers Lebel-Mas M1892 de l’armée française apportés par le capitaine Dumont et ce dernier pris en plus un fusil de chasse et une cartouchière remplie de chevrotines. Le professeur Howard alluma une torche et la tendit à Dumont avant d’en allumer une pour lui et de prendre pied sur la berge. Il balaya le sol devant lui avec la torche pour faire refluer les insectes qui s’éloignèrent rapidement de la flamme mouvante pour se réfugier sous les pierres ou dans la végétation. Howard et Dumont entamèrent prudemment l’ascension de l’escalier aux marches rendues glissante par l’humidité ambiante. Une fois en haut ils découvrirent une vaste allée pavée de pierre aux formes géométriques irrégulières bordée de colonnes titanesque de plusieurs mètres de haut. Derrière eux, les insectes avaient repris possession de l’escalier et ils entendaient le bruit de grouillement que produisaient leurs multitudes de pattes sur la pierre humide. Le professeur Howard s’avançât en levant sa torche et s’immobilisa en regardant autour de lui, totalement subjugué par ce qu’il découvrait.
- c’est hallucinant capitaine ! c’est la première fois que je vois ce genre construction. Vous voyez ces colonnes, on dirait qu’elles ont été taillées d’un seul bloc dans la roche de cette montagne. Mais regardez ça ! c’est fascinant ! Elles sont couvertes de coquillages fossilisés comme si elles avaient séjourné il y a très longtemps au fond de l’océan. C’est absolument impensable capitaine ! La dernière fois que la mer à du recouvrir cet endroit c’était il y a quelques millions d’années et l’espèce humaine n’existait pas encore. Qui à pu bâtir cela ?
- Vous en êtes certain professeur ? Ce sont peut être tout simplement des vestiges de bas relief.
- Non ! Regarder le pied de cette colonne. C’est du corail fossilisé, et là ça m’a tout l’air d’être un essaim de moules, ça n’a rien d’une sculpture. C’est une découverte extraordinaire capitaine Dumont.
- Professeur, venez voir là, il y a un truc bizarre sous l’arche d’entrée. Regardez les insectes qui grouillent sur l’escalier, ils ne dépassent pas cette dalle de pierre, comme si une sorte de frontière invisible les empêchait de passer.
- C’est curieux en effet ! Il n’y en a plus aucun de ce coté ci alors qu’il y a quelques minutes, quand nous sommes entrés, ils recouvraient le sol au pied des premières colonnes. Allons voir plus loin, peut être trouverons-nous une explication à ce phénomène.
- Je passe devant professeur, on ne sait jamais.
Les deux hommes traversèrent l’allée des colonnes et arrivèrent devant une porte aux dimensions colossale s’ouvrant, telle une gueule béante, sur un escalier aux proportions toutes aussi gigantesques et qui s’enfonçait dans le cœur de la montagne. Après une courte discussion ils décidèrent que le capitaine Dumont descendrait le premier pour voir si les lieux étaient sur et que le professeur Howard l’attendrait en haut des marches prêt à le rejoindre à tous moments. Dumont vérifia son équipement, notamment son revolver et son fusil de chasse, et s’empara d’une torche avant de commencer prudemment la descente. Le professeur le regarda s’éloigné avec un peu d’appréhension. Il eut soudain le sentiment que quelque chose clochait, mais il chassa rapidement cette idée, la mettant sur le compte de la fatigue. Après quelques minutes il entendit la voix du capitaine Dumont légèrement étouffée par la distance.
- Ça continue à descendre professeur. Je ne sais pas jusqu’ou mais ça devient très humide et glissant.
- Voyez-vous des inscriptions, des bas reliefs ou quelque chose du genre ?
- Non, les murs et les marches sont nus à part quelques fossiles de coquillages comme sur les colonnes de l’entrée. Bon je continue.
- Faites attention à vous capitaine, soyez prudent.
- Ne vous inquiétez pas professeur, ça devrait aller.
- faite moi signe dés que je peux vous rejoindre.
- Pas de problème professeur. …… Hé ! Attendez une seconde, j’entends du bruit. Ça vient d’en bas.
- Comment ça ? Quel genre de bruit capitaine ?
- Il y a quelque chose qui se déplace vers moi. Quelque chose d’énorme..
- Je ne comprend pas ! Que racontez-vous ?
- Je vous dit qu’il y a un truc gigantesque qui monte par cet escalier
- C’est impossible capitaine, vos sens vous jouent des tours. Attendez, je viens vous rejoindre.
- Non professeur, restez la haut… Oh mon dieu !
- Que se passe t’il capitaine ? Qu’y a t’il en bas ? Répondez !
Pour toute réponse il entendit une série de courtes détonations puis deux autres plus bruyantes quelques secondes plus tard.
- Capitaine ? Capitaine, vous m’entendez ? CAPITAINE ! !
- Fuyez professeur ! Fuyez loin d’ici le plus vite poss…
La voix du capitaine Dumont se transforma alors en un cri strident ou se mêlait la douleur et la terreur. Puis ce fut le silence. Plus rien, plus un bruit pendant quelques secondes qui parurent une éternité. Howard pouvait entendre les battements de son cœur qui s’emballait dans sa poitrine. Il se mit à trembler, non pas de froid, car la chaleur était toujours aussi étouffante, mais de peur. La sueur qui coulait sur son visage lui paru glacé et il se mit à respirer de plus en plus rapidement, comme s’il manquait d’air. Soudain, le silence fut interrompu par un bruit de frottement, faible au début mais de plus en plus audible. Il eu conscience qu’une horreur indicible, surgie de la nuit des temps, s’apprêtait à fondre sur lui.
Le professeur Howard pris ses jambes à son cou et traversa l’allée bordée de colonnes en courant à toute vitesse, en proie à une panique incontrôlable. Arrivé sous l’arche de l’entrée il stoppa net en voyant que l’escalier était toujours recouvert par des milliers d’insectes. Dans sa fuite il avait laissé tombé les torches qu’il lui restait et il n’avait plus aucun moyen de repousser la vermine qui lui barrait le passage. Il se força à passer quand même, mais au moment ou il mettait le pied sur la première marche, la masse grouillante reflua vers le bas de l’escalier, comme repoussée par quelque force invisible. Il sentit dans sons dos un courant d’air aux relents fétides et entendit le bruit abject de l’abomination qui s’avançait rapidement vers lui en rampant. Tout en sachant que c’était une erreur, il se retourna et l’effroyable vision lui glaça le sang. Sous l’effet d’une frayeur intense sa vessie se vida et ses jambes se dérobèrent sous lui. Il s’écroula dans une mare d’urine et sa raison vacillante sombra définitivement, emportant son esprit dans les affres de la démence. Le cri qu’il poussa se transforma en rire hystérique et résonna longtemps dans la jungle alentour avant de s’éteindre brusquement dans un bruit d’os broyés…
14 septembre 2008
Le destin de Jerziel
Voici un petit texte sur les Elfes Noirs inspiré par mes voyages ludiques et littéraires dans l'univers de Donjons et Dragons.
Le destin de Jerziel
Jerziel était de loin le meilleur guerrier de la Maison Zimiir, unanimement reconnu pour son courage, et pourtant il n’en menait pas large devant la colère de sa jeune sœur Solana. Dans la société Elfe noire c’était toujours les femelles qui détenaient le pouvoir et les mâles comme lui devait courber l’échine et obéir aveuglément sous peine de subire leur courroux comme en ce moment. Depuis que sa sœur était devenue grande prêtresse de Lolth, la Déesse Araignée, elle n’avait de cesse de lui infliger les pires tourments. Jerziel était persuadé qu’elle le jalousait d’être l’un des enfants de la Maison Zimiir les plus en vue dans la ville de Menzoberranzan.
La dernière lubie de sa sœur avait consisté à l’envoyer remplir des missions totalement inutiles et dangereuses dans l’espoir de ne pas le voir revenir mais Jerziel était plein de ressource et ses talents de guerrier n’étaient pas usurpés. A chaque fois il s’en était sortit sans encombres et cela avait même servit à plusieurs reprises ses propres intérêts. Mais la dernière expédition ne s’était pas du tout déroulée comme il l’avait souhaité et il avait été obligé de commettre l’irréparable pour un Elfe Noir de Menzoberranzan. Il avait tué une Araignée géante, une enfant de Lolth, créature sacrée entre toutes et ça, sa prêtresse de sœur ne lui pardonnerait jamais.
- Te rend-tu compte de ce que tu as fait sombre crétin de mâle que tu es ? C’est le pire des blasphème ! Lui hurla sa sœur en le giflant à plusieurs reprises.
- Je regrette Solana mais c’était elle ou moi. Elle à tué quatre de mes homme avant de m’attaquer. je n’ai fait que me défendre…
- Tais-toi ! Que sont les vies de quelques mâles stupides à coté de celle si d’une enfant de la déesse ? Garde Emparez-vous de lui !
Trois femelles qui se tenaient derrière lui, l’empoignèrent et le désarmèrent avant de l’entraîner vers un petit autel de pierre noire en forme d’araignée. Elles le forcèrent à s’agenouiller et deux d’entre elles l’immobilisèrent pendant que la troisième lui tirait la tête en arrière en le tenant par les cheveux. Sa sœur s’avança et colla son visage au sien.
- L’heure est venue de payer pour ton sacrilège Jerziel.
- Que vas-tu me faire Solana, me tuer ?
- Non mon cher frère, la mort serait un châtiment bien trop doux pour ce que tu as fait. J’ai beaucoup mieux pour toi. Dit-elle en s’éloignant.
Elle sortit une fiole de cristal d’une des poches de sa robe et la déboucha délicatement en entamant une prière à la gloire de Lolth. Elle s’approcha à nouveau de Jerziel et lui saisi le bas du visage en serrant pour le forcer à ouvrir la bouche.
- Tu as tué une enfant de Lolth alors la déesse à exigée que tu prennes sa place et que tu la serves jusqu'à ce qu’elle se lasse de toi.
En disant cela elle versa le contenue de la fiole dans la bouche de Jerziel qui se convulsa aussitôt sous l’effet de la substance au goût acre qui commençait à parcourir son corps. La douleur intolérable lui fit pousser un hurlement avant qu’il ne s’effondre inconscient au pied de sa sœur.
- Déposer le dans la caverne des Toiles Obscures et que le sang de Lolth fasse son effet. Ce mâle n’a que ce qu’il mérite.
* * *
Lentement la chose infâme s’extirpa de la gangue de toile gluante qui recouvrait le sol de la caverne. Elle s’avança en rampant, laissant derrière elle une longue traînée visqueuse et malodorante. Elle s’arrêta après quelques mètres et commença à se relever sur ses huit pattes épineuses. Son énorme abdomen se mit à palpiter irrégulièrement et une humeur verdâtre suinta par une dizaine d’orifices situés sur la partie inférieure au niveau d’un dard crochu, répandant une odeur nauséabonde. La chose ressemblait à une gigantesque araignée noire mais là où aurait du se trouver la tête, se dressait le torse d’un elfe noir. Sa peau d’ébène était recouverte d’une multitude de poils courts et luisants. Ses longs bras musculeux se terminaient par des mains effilées au ongles acérés et ses longs cheveux blanc semblaient animés d’une vie propre. Son visage était déformé par un rictus de douleur et de haine et dans ses yeux rouge sang brillait une lueur de folie meurtrière. La créature se tourna la tête dans tous les sens pour regarder son corps et ses membres avant d’écarter les bras et de pousser un hurlement strident qui ressemblait fort à un cri de détresse.
- Alors mon frère, content de ta nouvelle apparence ? Maintenant tu serviras la déesse mieux que tu ne l’as jamais fait.
L’être mi-elfe noir mi-araignée se retourna vivement et son regard de braise se posa sur celle qui venait de l’interpeller. Les souvenirs d’avant sa transformation ressurgirent dans son esprit tourmenté et il reconnut celle qui l’avait condamné à cette abjecte existence, sa propre sœur Solana. Sa réaction fut violente et il se précipita à une vitesse fulgurante vers elle. La jeune prêtresse elfe noire trop confiante fut totalement surprise par l’attaque et la peur la tétanisa. Le monstre qui avait été son frère en profita et se jeta sur elle. Du fait de sa taille il n’eut aucun mal à l’immobiliser entre ses huit pattes et le dard suintant de venin de son abdomen frappa la prêtresse au ventre. Le poison fulgurant la paralysa aussitôt la laissant à la merci de son agresseur. Ce dernier s’écarta pour contempler sa victime avec un sourire cruel puis il se baissa pour approcher son visage à proximité du sien et la lécha avec délectation. La jeune elfe, incapable de bouger fut submergée par une vague de terreur en comprenant ce que son cher frère allait faire. Terrifiée, elle écarquilla les yeux et des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle réussit à ouvrir la bouche et se mit à crier quand il commença à la dévorer vivante.
12 septembre 2008
Les Komandos de Grugnik
Je joue régulièrement au jeu de figurine "Warhammer 40 000" et je possède une armée d'Orks assez conséquente. Je m’en suis inspiré pour écrire quelques histoires mettant en vedette une bande de " Komandos " dont voici les premières aventures.
Les Komandos de Grugnik
Le jour venait de se lever sur la vallée et la lueur rosée du soleil commençait à inonder les longues étendues herbeuses balayées par la brise matinale. Sur une grosse pierre plate, posée en travers d’un épais tapis de mousse, un petit animal de la taille d'une souris se dressait sur ses pattes arrière comme pour célébrer la venue du jour et profiter des premiers rayons de l’astre naissant. Soudain il s’immobilisa et une lueur d’inquiétude figea son regard. Son museau huma frénétiquement l'air et il s’apprêta à bondir vers l'abri le plus proche. Le gros soulier ferré qui s’abattit ne lui en laissa pas le temps et le réduisit à l’état de pulpe sanglante.
Grug’Nik souleva le pied et regarda d’un air amusé la petit tache écarlate sur la pierre blanche. Il se baissa et en récupéra une partie avec son index avant de le porter à sa bouche et de le lécher goulûment. Après avoir esquissé un sourire de satisfaction il se retourna et fit signe à la quinzaine de Boy’z qui l’accompagnaient de se remettre en route. Les Orks obéirent sans broncher, se déplaçant dans un silence étonnant, malgré leur stature imposante et la quantité de matériels transportés par chacun d’eux. Ils gravirent en quelques minutes la pente verdoyante d’une colline et s’arrêtèrent sur la ligne de crête. Loin en contrebas il aperçurent les bâtiments industriels de la cité minière des Z’Hom. Grug’Nik posa un genou à terre et s’empara des jumelles qui pendaient à son cou. Il observa longuement les abords de la cité à la recherche de son objectif et fini par le découvrir juste en dessous d’eux, en partie dissimulé par des filets de camouflage : Deux blindés équipés de canons à longue portée que les Z’Hom appelaient « Basilisk ». Au même moment un de ses Boy’z attira son attention en lui tapant sur l’épaule et pointa son doigt en direction de l’est. Un panache de poussière s’élevait de l’horizon et un grondement sourd allant en s’amplifiant parvenait à leurs oreilles. Grug’Nik eu un sourire carnassier, découvrant tous ses crocs jaunis. Le Big Boss et ses troupes arrivaient, La baston allait commencer.
Les Kommandos Orks dévalèrent la colline à une vitesse stupéfiante, profitant du moindre couvert pour rester hors de vue, et prirent position à moins de cent mètres de leur objectif, dans un chaos rocheux. Dans le camp des Z’Hom l’alerte avait déjà été déclenchée et les servants des pièces d’artillerie s’affairaient autour des Blindés. Au loin, Grug’Nik entendit le vrombissement des moteurs des premiers véhicules Orks qui arrivaient plein gaz sur les défenses ennemis. Il ne put réprimer un large sourire en pensant à tous ces cinglés d’Evil Sunz qui devaient composer les premières vagues d’assaut, comme à chaque fois, sur leurs motos ou à bord de leurs Trucks. Le bruit assourdissant du au tir d’un des Basilisk le rappela brusquement à ses devoirs. En ajustant l’énorme pince énergétique en acier et en serrant les courroies qui la maintenaient à son avant bras droit il lança un regard à ses Boy’z et chacun d’entre eux sut ce qu’il avait à faire.
Les Boy’z de Grug’Nik sautèrent de derrière les rochers et se précipitèrent en courant vers les pièces d’artillerie. Un des Z’Hom tenta de donner l’alerte en les voyant approcher mais un tir de Gro’Fling le coupa en deux. Les deux Basilisk tirèrent au même moment, noyant le bruit de la fusillade dans une tonnerre de décibels. Quand les servants des canons virent les Orks, il était déjà trop tard. Nor’Duk, le pyromane du Kommandos, fit rugir son Krameur et balaya la plate-forme de tir du premier Basilisk. Les Z’Hom s’effondrèrent en flamme dans un concert de hurlement vite achevé par les tirs d’Automatik des Orks. Sur le deuxième char un mouvement de panique accueilli l’attaque et, malgré les vociférations d’un officier, les servants tentèrent de prendre la fuite. Il furent intercepté par les Kikoup des Orks qui les taillèrent en pièce. Grug’Nik s’occupa personnellement du bruyant gradé à l’aide de sa pince énergétique, le sectionnant en deux, juste au-dessus de la taille. Il grimpa sur le Basilisk et décrocha une grenade Kass Tank de son paquetage et la posa sur la culasse du canon. Un des ses Boyz fit de même sur l’autre engin alors qu’un groupe de Z’Hom arrivait en courant et en les arrosant de tirs de laser. Grug’Nik sauta en bas du char et couru se mettre à couvert, suivi par ses Boyz. Quelques secondes plus tard, deux explosions retentissantes pulvérisèrent l’arrière des Basilisk.
L’épaisse fumée huileuse produite par les deux blindés qui brûlaient envahie progressivement le périmètre, gênant la progression des Z’Hom qui arrivaient en courant. Grug’Nik distingua leurs silhouettes fantomatiques derrière l’écran brumeux et ordonna à ses boyz de faire feu. Le Gro’Fling de Karak fut le premier à tirer, fauchant deux Z’Hom en pleine course. Les claquements sonores des Automatiks prirent le relais, tuant encore deux assaillants et obligeant les autres à se mettre à couvert derrière une pile de caisses. Un rugissement caractéristique se fit entendre quand le Krameur de Nor’Duk noya l’abri provisoire des Z’Hom sous un torrent de flammes, les transformant tous en torches gesticulantes. Au même moment un deuxième groupe de Z’Hom surgit de la fumée et arrosa copieusement de tirs de lasers les positions défensives des Orks. Deux Boy’z furent transpercés par les rayons mortels et s’effondrèrent sans un bruit. Les autres ripostèrent dans un vacarme assourdissant de tirs d’Automatik et de Gro’Fling, hachant menu la moitié de leurs assaillants avant que Nor’Duk ne finisse le travail en calcinant la moitié restante. Un calme relatif s’installa pendant quelques instants et les Orks se regroupèrent autour de leur chef. Grug’Nik ordonna à l’un d’eux de récupérer les munitions sur les cadavres des deux Boy’z et à trois autres de faire le guet en attendant qu’ils repartent pour se joindre aux combats qui se déroulaient à l’est.
Les Komandos avançaient en bordure des bâtiments industriels depuis une poignée de minutes quand une série de détonations de gros calibres stoppèrent leur progression. Le Boy’z qui se trouvait à la droite de Grug’Nik s’effondra, le crane pulvérisé. Le Nob regarda dans la directions d’où venaient les tirs et grimaça en apercevant trois Ogryn hilares qui venaient à leur rencontre. Il lança un ordre bref et les Kikoup apparurent dans les mains de ses Boy’z. Karak ouvrit le feu avec son Gro’Fling et cribla le premier Ogryn de balles sans réussir à ralentir sa progression tandis que Nor’Duk réglait le débit de son Krameur pour obtenir un dard de flamme bleue d’une quinzaine de centimètres. Les Boy’z de Grug’Nik se mirent à courir en direction des trois Ogryn, accompagnant leur assaut de tirs d’Automatik.
Les deux groupes se percutèrent et le choc fut d’une violence inouïe. Un des Ogryn empala un Ork sur la baïonnette de son Ripper Gun et le souleva comme sans efforts avant de l’envoyer dans les airs. Nor’Duk, qui suivait juste derrière, en profita pour plonger la buse de son Krameur dans le ventre du colosse, découpant les protections de métal, et l’ouvrit littéralement du nombril à la gorge. L’Ogryn s’effondra en lâchant son arme, tentant de retenir ses entrailles fumantes qui se déversaient par la terrible blessure avant qu’un Kikoup ne lui fende le crane. Le deuxième Ogryn saisi l’un de ses assaillants à la gorge et lui broya la trachée avec sa poigne d’acier avant d’en décapiter un autre d’un tir de Ripper Gun. Trois Orks se jetèrent sur lui et le démembrèrent à coup de Kikoup. Le dernier Ogryn, le plus gros des trois, se débarrassa aisément de deux Boy’z en les envoyant valser d’un revers de la main et abattit son arme sur Karak qui l’évita de justesse se jetant sur le coté. L’Ork qui le suivait eu moins de chance et son crane explosa sous l’impact. Il s’effondra comme une poupée désarticulée aux pieds de Grug’Nik qui arrivait. L’Ogryn se redressa de toute sa hauteur et toisa le Nob des Komandos avec un rictus malveillant avant de se précipiter sur lui. Fort de son expérience du combat, Grug ‘Nik évita facilement la charge en esquivant et se retrouva dans le dos l’Ogryn. D’un tir d’Automatik il déchiqueta l’arrière du genou de la brute qui flancha et tomba à la renverse. Grug’Nik le laissa s’étaler sur le sol avant de lui plonger sa pince énergétique dans la cage thoracique. L’Ogryn le fixa, surpris et incrédule, avant de vomir des flots de sang. Le Nob le regarda mourir avec un large sourire puis retira sa pince ensanglantée du cadavre et la lécha en produisant un petit grognement de satisfaction.
La rencontre avec les Ogryn avait considérablement réduit les effectifs des Komandos. Il ne restait que six Boy’z à Grug’Nik, dont deux blessés. C’était peu mais encore suffisant pour continuer à se battre, surtout contre des Z’Hom. Ses vieux compagnons de combat, Karak et Nor’Duk, étaient des coriaces, de vrais durs à cuir du Klan de la Hache Sanglante. Les autres, s’ils avaient la bonne idée de survivre, feraient d’excellent Komandos. L’un d’eux en particulier, Snik, un jeune Ork au regard plus vicieux que celui d’un Mange-Face, et qui maniait les explosifs en expert. Grug’Nik le soupçonnait d’avoir fréquenté trop longtemps ces dingues de Kasseurs de Tank, mais il ne regrettait pas de l’avoir avec lui, bien au contraire. Ce sale petit Grot venait d’ailleurs de récupérer un lance roquette de Z’hom et semblait en avoir compris le fonctionnement. Le Nob regroupa ses Boy’z et donna des ordres brefs pour réorganiser la bande qui reprit sa progression en direction des combats.
L’assaut des Evil Sunz monopolisait l’essentiel des forces Z’Hom et ils ne rencontrèrent aucune autre résistance. Cela leur permit d’arriver pratiquement sur les talons des défenseurs sans être inquiété. Après un rapide tour d’horizon, Grug’Nik avisa une batterie d’arme lourde qui arrosait les assaillants depuis le toit d’un petit bâtiment un peu à l’écart. L’occasion était trop belle, surtout qu’il pouvait faire d’une pierre deux coups : Réduire une menace et profiter d’une position élevée pour observer la tournure des combats. Profitant au maximum des couverts qui s’offraient à eux, lui et ses Boy’z progressèrent jusqu’à leur nouvel objectif. En arrivant sur place, Grug’Nik eu un large sourire en constatant qu’un escalier extérieur grimpait jusqu’au toit. Il jeta un rapide coup d’œil par l’une des ouvertures du bâtiment qui s’avérât être un entrepôt vide et ordonna à Nor’Duk et à Karak de passer devant. Les deux Orks gravirent l’escalier rapidement et débouchèrent sur le toit. Les Z’Hom, qui ne les avaient pas entendus arriver, n’eurent pas le temps de comprendre ce qui se passait quand le Krameur de Nor’Duk noya le poste de tir dans un torrent de flammes. Karak acheva le travail d’une rafale de Gro’Fling au moment où Grug’nik arrivait avec les autres Boy’z. Les Orks prirent rapidement position sur le toit, au milieu des cadavres calcinés des Z'Hom et furent aux premières loges pour assister à l’assaut de la deuxième vague composée exclusivement de Goff et commandée par le Big Boss en personne.
Des centaines d’Orks avaient livré ici leur dernier combat et de nombreuses épaves fumantes encombraient la plaine. Les Z’Hom avaient tenu bon face aux Evil Sunz mais s’étaient épuisés dans ce premier engagement. Ils n’allaient pas tenir bien longtemps face au reste de la horde qui fonçait sur eux. Les véhicules rapides de la première vague, Trucks, motos et autres buggies, avaient laissé place aux solides chariots de guerre du Klan Goff. Beaucoup plus lent mais largement plus résistant avec à leur structure bardée de plaque d’acier, ces mastodontes avançaient dans un bruit infernal.. Les énormes cylindres hérissés de pointes, fixés sur l’avant, broyaient tout sur leur passage en soulevant des nuages de poussière. Chacun des chariots transportait des dizaines de Boy’z braillant et gesticulant et certains commençaient à arroser les lignes défensives de tirs de Gro’Fling.
Grug’Nik venait de prendre ses jumelles pour observer la progression des Goff quand une forte détonation se fit entendre, venant de l’arrière. Au même instant un des chariots de guerre explosa, projetant ses occupants dans les airs. Grug’Nik se retourna et vit un tank au canon encore fumant sortir de l’abri d’un hangar et s’avancer vers le bâtiment ou il se trouvait. D’un ordre bref il fit se coucher ses Komandos et observa la progression du blindé. Le char ne semblait pas les avoir aperçu et s’arrêta à quelques pas de leur position. C’était un modèle courant chez les Z’Hom mais le canon de celui-ci était particulièrement long. La tourelle pivota de quelques degrés sur la droite et un deuxième tir fit trembler tout le bâtiment. Grug’Nik constata que le tank venait de faire mouche une deuxième fois, pulvérisant un autre chariot avec tous ses occupants.
La menace était plus que sérieuse pour les Goff et Grug’Nik se devait de réagir très vite. Il fit signe à Snik et de l’accompagner, laissant les autres Boyz sur le toit pour les couvrir. Les deux Orks descendirent l’escalier et contournèrent le bâtiment pour se retrouver sur l’arrière du tank. Ils attendirent quelques secondes, mais aucun signe ne leur montra que l’équipage avait conscience de la présence des Ork à quelques mètres du véhicule. Grug’Nik allait prendre de la dernière grenade Kass’Tank accrochée à son paquetage quand Snik lui fit signe d’attendre. Le jeune Ork se débarrassa de ses armes et de son sac, s’empara de la grenade du Nob avant de se diriger vers le tank et de se glisser dessous. Quelques secondes plus tard il ressortit, une étincelle malveillante dans le regard, et vint se mettre à couvert, entraînant Grug’Nik avec lui. Ils avaient à peine franchit le coin du bâtiment qu’une déflagration souleva le char qui se cabra, tel un animal blessé, retomba lourdement sur ses chenilles et s’affaissa vers l’avant. Une deuxième explosion, plus forte, secoua le tank agonisant et un geyser de flammes projeta la tourelle en l’air. L’énorme pièce de métal retomba quelques mètres plus loin, répandant autour d’elle une pluie de débris et de morceau de chair calcinée.
Un grognement venant du toit attira l’attention de Grug’Nik. Il leva les yeux et vit Karak qui les regardait, un large sourire béat dévoilant ses longues dents jaunies. Le Nob lui fit signe de les rejoindre et réajusta les sangles de sa pince énergétique en regardant Snik remettre en place son paquetage. Ce Boy’z était encore plus dingue qu’il ne l’avait pensé, mais foutrement efficace pour transformer un Tank en tas de ferraille. Karak et Nor’Duk arrivèrent pour le tirer de ses pensés, suivi de près par les inséparables Bork et Nork. Ces deux là avaient plutôt bien récupéré du combat avec les Ogryn et leurs blessures ne devaient pas être trop sérieuses. Rog’Nor, le dernier à les rejoindre, avisa Grug’Nik d’un déplacement de Z’Hom dans leur direction en provenance de la ligne de Front. Le Nob se glissa jusqu'à l’angle du bâtiment pour jeter un œil et vit en effet un groupe se diriger vers eux. Ils étaient deux de plus que les Orks et à leur tête un Z’Hom de grande taille, armée d’une épée et d’un pistolet. Gruk’Nik allait donner des ordres à ses Boy’z quand autre chose de plus inquiétant accrocha son regard. Juste derrière le groupe de Z’Hom il aperçut, perchée sur ses deux grandes pattes de métal, la silhouette menaçante d’une Sentinelle. Il se retourna vers ses Komandos et envoya Snik et Rog’Nor contourner le bâtiment pour s’occuper du Marcheur. Il posta Karak et Nor’Duk au coin de l’escalier et resta juste derrière eux avec Bork et Nork qui avaient déjà sortit leur Kikoup.
Snik et Rog’Nor se faufilèrent entre le mur de l’entrepôt et l’épave du blindé qui crachait des nuages de fumée noire. Ils aperçurent leur cible à une vingtaine de mètres, qui suivait le groupe de Z’Hom. Snik distingua nettement les tubes multiples du canon rotatif qui armait le Marcheur. Il se tourna vers Rog’Nor et lui montra un petit îlot de béton situé à moins de dix mètres d’eux, d’où ils auraient sûrement une meilleure position de tir. Rog’Nor lui fit signe qu’il avait compris et au signal de Snik, il s’élança en courrant. Le Marcheur le repéra aussitôt et pivota, actionnant son terrible canon d’assaut. La traînée d’impactes poursuivit Rog’Nor sur quelques mètres avant de le rattraper, le réduisant en une fraction de seconde à l’état d’éclaboussure écarlate sur le sol de béton. Snik profita de la diversion pour ajuster le Marcheur avec le lance roquette qu’il avait récupéré et tira. Une violente explosion transforma la cabine en boule de feu, projetant des éclats incandescents dans toutes les directions.
Surpris par la déflagration, les Z’Hom se plaquèrent au sol pour se protéger. Grug’Nik n’en demandait pas tant et il donna l’ordre à ses Boy’z de foncer dans le tas. Deux des Z’Hom les plus proches furent transformé en torche par le Krameur de Nor’Duk et se roulèrent au sol en hurlant. Un troisième, qui venait juste de se relever, fut criblé de balles par le Gro’Fling de Karak. Les cinq autres, dont l’officier, virent arriver sur eux les Orks au pas de charge. Ils eurent tout juste le temps de se relever pour engager le combat. Bork et Nork furent les premier au contact et les deux Z’Hom qui tentèrent de les arrêter se retrouvèrent rapidement au sol, éventrés par les Kikoup et baignant dans leur sang et leurs viscères. L’officier brandit son épée tronçonneuse mais il ne frappa jamais. L’arme et le bras sectionné tombèrent à ses pieds, bientôt rejoint par sa tête tranchée, alors que son corps s’affaissait doucement, comme au ralentit, répandant des jets de sang par ces nombreuses blessures. Grug’Nik se retrouva seul face aux deux derniers Z’Hom. Il vit clairement dans leurs regards la terreur qui s’emparait d’eux et qui les paralysait. Les jambes du plus proche se dérobèrent sous lui et il tomba à genou en lâchant son arme. L’autre trouva assez de courage pour lever son fusil laser mais n’eut jamais le temps de tirer. La pince énergétique se referma sur lui et le coupa en deux au niveau de l’abdomen. Grug’Nik se retourna vers celui qui était toujours à genou, pointa son Automatik sur sa tête et envoya sa cervelle tapisser le béton.
Alors que les premiers Goff investissaient les lieux, après avoir submergé les défenses des Z’Hom, Grug’Nik rassembla ses Komandos au pied du bâtiment, non loin de l’épave fumante du Tank, et ils s’accordèrent un long moment de repos. Karak et Nor’Duk échangèrent quelques fanfaronnades ponctuées de rires gras pendant que Bork et Nork se partageaient les globes oculaires récupérés sur les cadavres. Snik, un peu à l’écart, inspectait machinalement son Lance Roquette, sous le regard de Grug’Nik. Les pensées contradictoires se bousculaient dans la tête du Nob quand un Truck pétaradant s’arrêta à proximité. A son bord, le Big Boss en personne adressa un signe de tête à Grug’Nik et marmonna quelque chose à l’oreille d’un de ses gardes. Le Nob Goff s’empara d’un grand sac de toile graisseuse et le jeta au pied du chef des Komandos puis le Truck reparti en faisant crisser ses roues bardées de fer sur le sol en béton. Grug’Nik le regarda s’éloigner et s’empara du sac de toile. Lorsqu’il l’ouvrit, un grand sourire éclaira son visage couvert de cicatrices. En fin de compte Snik avait bien fait d’envoyer Rog’Nor se faire descendre par le Marcheur, ils seraient moins nombreux pour se partager toutes les dents qu’il y avait là dedans.
10 septembre 2008
La bataille de Jorune (1)
La Bataille de Jorune
Voici la suite des aventures des "Komandos de Grugnik". C'est une longue histoire qui se déroulera sur plusieurs chapitres que je posterais à suivre.
Prologue
Planète Oxalys Prime – Continent Forestier
Zone de déploiement de la 6ème compagnie des Storm Watcher
Frère Tobias s’avança au milieu des débris et des corps éjectés de la carcasse du Rhino de la 2ème escouade quand celui-ci avait explosé, touché par une ou plusieurs roquettes. Le blindé éventré gisait sur le coté gauche et toute la partie arrière ainsi que le flanc droit jusqu'à la porte latérale n’était plus qu’une blessure béante d’où s’échappaient des volutes de fumée noire. Il distingua les contours d’au moins deux armures de céramite dans le fond du véhicule, totalement noircies par la chaleur de l’explosion. Ajouté aux huit autres corps qui étaient éparpillés autour de lui, cela faisait le compte. Toute l’escouade du Frère Sergent Icarius plus le pilote et le tireur du rhino, décimé en un seul coup. Tobias marmonna une courte prière pour recommander les âmes de ses frères à la bienveillance de l’Empereur et contacta le Capitaine Oratius par radio.
- Patrouille Epsilon au rapport. Deuxième escouade localisée, dix pertes identifiées. Transport détruit par tir de Roquette. Je balise le périmètre. Vous pouvez venir sécuriser la zone et envoyer l’Apothicaire.
- Bien reçu Epsilon. Continuez vers le secteur 4, jonction en 14.9 avec l’escouade Delta. Nous arrivons avec… Par l’empereur ! … D’où sortent-ils ! …
La fréquence fut saturée en quelques secondes par une série d’ordres et de rapports alarmants faisant état de la présence d’Orks, alors que des bruits de fusillades et d’explosions se faisaient entendre, provenant de la zone de déploiement de l’Escouade de commandement de la 6ème compagnie. Moins d’une minute plus tard le silence revint et le signal radio se transforma en chuintement continu à peine audible.
- Frère Capitaine ! Que se passe t’il ?
- . . .
- Répondez Alpha !
- . . .
- Sainte Terra, que se passe t’il ? Alpha, répondez ! ALPHA…
Le Frère Tobias balaya les fréquences de combat, cherchant désespérément à capter une réponse ou tout au moins un signal, mais la radio resta totalement muette. Aucune nouvelle non plus de l’escouade Delta qui se trouvait au nord en secteur 4. Il se retourna vers les deux autres Frères qui composaient la patrouille Epsilon et leur donna l’ordre de le rejoindre. Alors que les deux Space Marines convergeaient vers Tobias, une forte déflagration se fit entendre venant de derrière lui. Une traînée lumineuse le dépassa dans un sifflement aigu et vint percuter le Frère Caalan, le faisant disparaître dans une explosion assourdissante. Le frère Trigus qui le suivait à cinq mètres fut projeter au sol par le souffle et perdit son Bolter. Il se releva aussi rapidement que possible, mais avant qu’il n’ai le temps de récupérer son arme, une sorte de grand collier composé de plusieurs grenades reliées par une corde, vint s’enrouler autour de lui. Il chercha à s’en débarrasser, resserrant encore plus le pendentif mortel dans sa précipitation. Le haut de son corps se volatilisa dans une explosion de flammes et de sang.
Sous le choc, Tobias pivota sur lui-même en braquant son Bolter, prêt à faire feu. Il se retrouva face à un Ork immense qui s’était glisser derrière lui sans qu’il ne s’en aperçoive. Avant qu’il n’ai le réflexe d’appuyer sur la gâchette de son Bolter, un coup surpuissant porté par l’Ork, avec la pince qu’il portait au bras droit, le fit décoller du sol et retomber lourdement deux mètres plus loin. Sa vision se brouilla quelques secondes et quand il repris ses esprits, l’Ork emplissait à nouveau son champ de vision. Il le vit lever sa pince au-dessus de lui, ouvrant et fermant les terribles mâchoires d’acier. Avant que l’arme ne frappe, Frère Tobias eu une dernière pensée :
- Comment des Orks, d’habitude si peu discret, ont-ils fait pour passer totalement inaperçus ?
Et puis la mort vint, douloureuse et brutale.
La Bataille de Jorune (2)
Chapitre 1
S’il y avait un Ork que Grug’Nik détestait au point de vouloir lui enfoncer sa pince dans le fond de sa grande gueule puante, c’était bien Skull’Raug, le Big Mek des Evil Sunz. Ce gros tas de graisse et de boulons était un voleur, un menteur, un arnaqueur et surtout un sacré bouffeur de fiente de Grot, capable de livrer toute une Waaagh aux Z’Hom rien que pour récupérer son poids en Dents. Et question poids, Skull’Raug était plutôt dans la catégorie Squiggoth, l’intelligence en moins. Un seau de Dents pour cinq caisses de cartouches et deux caisses de grenades. Voilà ce que demandait cette face de Squig. Au moins trois fois le prix habituel pour un matos qui n’était qu’à peine fiable. Les dernières grenades fournies par Skull’Raug étaient tellement instables que Grug’Nik avait perdu les deux Boyz qui les transportaient. Et c’était sans parler des balles de Gro’Fling que Karak avait du trier avant de les mettre dans les chargeurs.
- Tu t’fous de la tronche de Mork ! Pour c’prix là les Goff me r’file un Truck de première pogne.
- K’est ce que tu f’rais d’un Truck, Grug’Nik, t’as toujours été qu’un foutu piéton. Tes Boy’z et toi, z’êtes que des rampants, de la viande à squiggoth.
- Fais gaffe à c’ke tu jakte, Skull’Raug si tu veux pas que j’me serve de tes dents pour t’payer !
Grug’Nik joignit le geste à la parole et s’avança vers Skull’Raug. Il le saisit par le collier de chaînes qui pendait à son cou et, malgré le poids conséquent du Big Mek, il le souleva du siège sur lequel il était assis et l’attira à lui en levant son poing ganté de cuir. Skull’Raug poussa un couinement aigu et tenta de se libérer, mais le Nob avait une poigne d’acier. A moitié étranglé, il parvint quand même à balbutier quelques mots.
- C… C’est bon … Grug. J’te fais un prix…
- C’est moi qui fais l’prix. Dix dents pas plus, c’est tout c’que ça vaut
- Dix dents ? … C’est du vol !
- C’est toi l’voleur ! Et j’vais te…
- LACHE LE !
Surpris, Grug’Nik se retourna pour voir quelle tête de Grot pouvait bien l’interrompre en pleine négociation commerciale. Il reconnut aussitôt la silhouette qui se tenait dans l’encadrement de la grande porte du hangar et il lâcha Skull’Raug qui se répandit au sol en toussant. Le nouveau venu, dépassait Grug’Nik de deux bonnes têtes et sa carrure impressionnante remplissait presque tout son champ de vision. Il portait négligemment sur l’épaule un énorme Kikoup, que deux Orks normaux auraient eu bien du mal à soulever, et un Automatique de taille démesuré pendait à sa ceinture. Il s’appelait Mor’Gof et appartenait à la garde personnelle du Big Boss. C’était le plus grand Nob du Clan Goff, plus grand que le Boss lui-même et presque aussi méchant. Seul son intelligence limité l’avait empêché de prendre la place de son patron mais, bizarrement, aucun Ork n’avait le courage d’aborder ce sujet sensible avec lui.
- Grug, le Boss y veut’voir.
- Heu … J’finis avec Skull et j’y cours.
- J’crois qu’le Boss il a dit vite.
- Ah ! Dakodak Mor’Gof, je trace tout d’suite. Skull tu vois ça pour ma came !
- Et t’inkiète pas pour Skull, faut qu’on cause. Il a pas r’fourgué du bon matos l’aut’fois. Le Boss y réclame.
Grug’Nik jeta un œil vers Skull’Raug qui se relevait péniblement en grimaçant. Le Big Mek était livide et toutes les nombreuses pièces métalliques de son corps se mirent à émettre des cliquetis sonores tellement il tremblait. Le Nob des Komandos ne put s’empêcher d’avoir une pensée pour Skull’Raug, car en général le Boss n’envoyait pas Mor’Gof pour causer. Le vocabulaire de cette grosse brute était plus que limité, contrairement à ses capacités de démolition qui elles ne l’étaient pas. Au pire, il allait devoir changer de fournisseur et les Evil Sunz trouver un nouveau Big Mek. Grug’Nik sorti presque en courant alors que Mor’Gof avait planté son Kikoup dans le sol en béton du hangar et s’avançait vers Skull’Raug en faisant craquer les articulations de ses énormes poings. En franchissant la porte il entendit le Big Mek hurler un long chapelet de supplications très vite interrompu par le bruit mat du premier coup porté par Mor’Gof. Le premier d’une longue série.
En sortant du hangar de Skull’Raug, Grug’Nik intercepta un Buggy qui passait au ralentit, chose assez surprenante pour être soulignée, et sauta dedans à la grande surprise de son pilote.
- Une dent pour toi si tu m’conduis rapido chez l’Boss !
- C’est quoi rapido ?
- C’est avant qu’je m’décide à t’coller une baffe
- OK Boss, t’énerve pas, c’est comme c’tait fait. Accroche-toi ça va booster.
Sur ces mots le pilote appuya sur la pédale d’accélérateur et le Buggy bondit vers l’avant dans le rugissement assourdissant de son moteur suralimenté. Grug’Nik eu toutes les peines du monde à se retenir pour ne pas tomber pendant que le véhicule s’engouffrait dans les rues surpeuplées de la ville, réussissant l’exploit de n’écraser qu’un malheureux gretchin et les orteils d’un Bad Moon trop lent pour se pousser à temps. En regardant le paysage environnent défiler à toute vitesse le Nob se dit qu’il serait bientôt arrivé… ou mort. Il se cramponna du mieux qu’il put afin de profiter de cette visite accélérer de la ville.
Après l’extermination totale de sa population, la cité minière Coral VII était devenue le bastion principal de la tribu du Big Boss T’Sardon Sark sur Oxalys Prime. Près de cinq cents mille Orks s’étaient installés dans la ville et sa périphérie immédiate, transformant en quelques semaines l’austère architecture industrielle en monstrueuse forteresse de poutres et de plaques d’acier, dominée par des centaines de cheminées qui crachaient jours et nuits d’énormes panaches de fumée noire. Des dizaines de milliers de Gretchin, braillant, courant, gesticulant, à peine canalisés par une centaine de fouettards, trimaient dans les mines, les forges et les immenses ateliers pour fabriquer ce dont les Orks avaient besoin, armes, munitions, véhicules et autres inventions moins conventionnelles sortis du cerveau dérangé des Mekanos de la tribu. Le reste de la population était constitué des combattants des différents Clans ralliés sous la bannière de T’Sardon Sark, les Goff, de loin les plus nombreux, et les Evil Sunz en représentant l’essentiel. Les autres Clans, Bad Moon, Death Skull, Snake Bite et Blood Axe, n’étaient représentés que par quelques milliers de Boy’z tout au plus, mais chaque jour des groupes de plus en plus nombreux arrivaient d’un peu partout pour se joindre à eux. C’était le plus grand rassemblement d’Orks que Grug’Nik ai jamais vu et chaque jour il sentait monter un peu plus cette frénésie guerrière qui allait bientôt déferler sur la planète entière et peut être au-delà.
Le Buggy pila dans un grand crissement de pneu et s’immobilisa au milieu d’un nuage de fumée sortant Grug’Nik de ses pensées, un peu trop brusquement à son goût,. Après avoir constaté qu’il était effectivement arrivé entier au bon endroit, le Nob sauta du véhicule et se dirigea vers l’entrée de l’immense battisse que servait de quartier général à T’Sardon’Sark.
- Hey Boss ! T’oublis d’payer la course !
Grug’Nik s’arrêta, fit demi-tour et se dirigea vers le pilote qui était descendu de son véhicule et qui le regardait en tendant la main. Il le fixa un cours moment et fini par lui envoyer son poing droit dans la mâchoire avec une telle violence que le Boyz décolla du sol et s’affala sur le capot blindé du Buggy. Il se releva péniblement en lançant un regard mauvais à Grug’Nik et cracha trois dents et beaucoup de sang sur le sol en béton. Le Nob se baissa pour les ramasser.
- Une pour l’voyage, une p’asque t’es un rapide et une p’asque j’suis dans un bon jour. C’est plus que c’que j’t’avais promis.
En disant ça il mis les trois dents dans la main du pilote incrédule, qui se demandait s’il venait ou non de faire une affaire, et repartit en direction du Quartier Général du Big Boss.
Grug’Nik entra dans le bâtiment sous les regards méfiants d’une demi-douzaine de Boyz du clan Goff qui semblaient monter la garde. Il franchit une série de grandes portes, dont les battants avaient été barbouillés de dessins et de graffitis à la gloire du Big Boss, et entra dans l’immense hangar qui servait de Quartier Général à T’Sardon’Sark. Comme toujours, il y avait foule et tous les Nob’z de la Tribu ou presque devaient se trouver là. Le Big Boss se tenait à l’autre extrémité, entouré de ses fidèles lieutenants et d’un trio de Mekanos occupés à l’équiper d’un lourd exosquelette de plaque d’acier. Dominant tous les autres Orks par sa taille phénoménal, rendue encore plus imposante par la Mega Armure, il aperçut Grug’Nik et brailla à son attention, couvrant la cacophonie ambiante.
- V’là Grug’Nik, l’tueur d’Marine ! Ramène-toi là sale Grot !
Le silence se fit immédiatement et la foule compacte des Orks s’ouvrit devant Grug’Nik, formant un long couloir jusqu’à T’Sardon’Sark. Le Nob s’avança, conscient que tous les regards étaient posés sur lui. Alors qu’il arrivait à quelques mètres du Big Boss, il le vit plonger la main dans une grande caisse grillagée posée à coté de lui pour prendre quelque chose qu’il lui envoya à la figure.
- Tiens Grug’ ! Attrape ça !
Grug’Nik leva la main et intercepta le projectile avant qu’il ne l’atteigne. La foule des Orks retint son souffle. Prisonnier de la poigne d’acier du Nob, un Squig Mange Face particulièrement déchaîné faisait claquer ses mâchoires à une vitesse hallucinante. Grug’Nik approcha lentement le squig de son visage, le laissa s’exciter un peu plus avant de l’enfourner dans sa bouche et de mettre fin à son manège d’un grand coup de dents. Il ressortit le corps inerte et le balança par-dessus son épaule, déclenchant un début de bagarre parmi les Orks qui se jetèrent sur cette friandise de choix. Le squig ne devait être que sonné, car un Nob du Clan Evil Sunz se mit à hurler de douleur, faisant rire une grande partie de l’assemblée. Pendant ce temps là, Grug’Nik, qui avait continué d’avancer, vint se poster face à T’Sardon’Sark.
- Salut Boss !
- Arf ! J’aime pas qu’on gaspille mes cadeaux Grug’ ! T’es qu’un sale grot de Blood Axe mais j’t’en veux pas. Mor’Gof t’as dit d’venir ?
- Ouai ! Y v’nait causer avec Skull’Raug quand j’lai vu. J’ai fait l’plus vite que j’ai pu.
- J’te crois Grug. Dis moi, ton p’tit massacr’ de Marine il a fait jaser dans tout’ la ville. T’va faire des jaloux.
- C’tait la mission Boss.
- Ouai ! Mais par Mork, c’que tu leur a mis au Z’Hom.
- Z’ont rien vu v’nir. Z’avaient aucune chance, mes Boyz ont fait leur boulot. Les Z’Hom y z’avaient just’à crever.
Cette dernière remarque souleva une vague d’approbations dans l’assistance. Des dizaines de Nob'z se mirent à scander le nom de Grug’Nik et le Big Boss eu beaucoup de mal pour faire revenir un semblant de calme avant de continuer à parler.
- les Z’Hom y sont pas content. Y z’ont fait v’nir d’aut’Marines. Les Bad Moon de Nad’Shark y z’ont morflé en v’nant ici. Lui et ses Nob’z y sont arrivé c’matin. Les Medikos y sont en train d’les rafistoler. J’veux qu’tu m’zigouille ça Grug’.
- Z’étaient combien les Marine ?
- Nad’Shark, il en a compté vingt, avec deux Tanks et un Dred’. J’y fais confiance, les Bad Moon y savent compter, même quand c’est aut’ chose que des dents.
- C’est du costaud ça !
- T’a d’ja fait pire Grug’. Et pi tu s’ra pas tout seul, Nad’Shark y veux y r’tourner et j’ai dit à Mor’Gof de pas trop abimer Skull’Raug. Ce gros squig à besoin d’se rach’ter.
- Mouais, Evil Sunz et Bad Moon, faut pas que j’sois difficile.
- Fait gaffe à c’que tu dis Grug, t’as pas qu’des potes ici.
- Les Blood Axe ont pas d’potes. Qui c’est qui s’ra l’Boss ?
- Nad’Shark !
- C’est c’que j’craignait.
- J’lui ai dit qu’tu f’rais l’boulot d’ton coté. Faut juste qu’tu lui prépare l’terrain et qu’tu lui laisse d’quoi s’amuser.
- On s’amuse pas avec les Marines ! C’est des coriaces…
***
Les Komandos avaient établi leurs quartiers dans un bâtiment des faubourgs, théâtre de leurs exploits lors de la prise de la ville. La carcasse calcinée d’un Tank, les restes en partie rouillés d’une sentinelle et les cranes de Z’Hom accrochés aux murs étaient là pour montrer à tous que les Boyz de Grug’Nik savaient se battre et surtout gagner. Depuis quelques jours, des casques et des pièces d’armure de Space Marine ainsi qu’une bannière à demi déchirée avaient été ajoutés à la collection de trophées, preuve que leur notoriété grandissante n’était pas usurpée. Le récit, à peine enjolivé, de l’embuscade victorieuse des Komandos sur les Marines avait fait le tour de la ville, faisant monter d’un cran l’excitation des Boyz de tous les clans, impatients d’en découdre eux aussi avec les Z’Hom en Armure. Cela provoquait d’ailleurs des rixes de plus en plus fréquentes. La perspective des nombreuses batailles à venir sous le commandement de T’Sardon’SArk engendrait une frénésie guerrière que les Nob’z avaient de plus en plus de mal à canaliser. Seul les Orks du clan Blood Axe, et notamment les Komandos, habitués à une certaine forme de discipline, semblaient pour le moment épargnés par ce phénomène.
Ces dernières semaines, les effectifs des Komandos avaient grandement augmenté. Réduit à six lors de la prise de la ville, Grug’Nik avait du recruter d’autre Boyz parmi les Blood Axe qui s’étaient joint aux forces de T’Sardon’Sark. Par chance, un autre groupe de Komandos avait débarqué avec armes et bagages trois jours après la bataille : Une dizaine de Boyz commandés par un Nob arrogant et incompétent. Celui ci s’étant mis dans la tête de les incorporer dans son unité, les Boyz de Grug’Nik lui signifièrent leur désaccord en le privant de cette fameuse tête et en l’accrochant avec celles des Z’Hom, sur le mur de leur casernement. Grug’Nik, qui pour une fois s’était bien gardé d’intervenir, recruta sur-le-champ les dix Komandos, qui s’avérèrent bien plus compétents que leur peu regretté Nob. Sur les conseils de Snik, il engagea aussi un Casseur de Tank presque aussi doué que lui en matière d’explosifs et le Kolonel GorBak, le Boss du clan Blood Axe, lui envoya une demi-douzaine de Boyz et un Nob. Cinq autres Blood Axe furent recruté par Grug’Nik mais aucun d’eux ne revint de l’embuscade contre les Marines.
Le Nob Blood Axe qui avait rejoint les Komandos se faisait appeler Kap’Tain’ Grub. C’était un vrai meneur, de la même trempe que Grug’Nik, et un as du camouflage. Les six Boyz qu’il avait ramené avec lui sortaient du même moule. Tous étaient des spécialistes de l’embuscade et du corps à corps qui avaient montré leur valeur face aux Marines. Grug’Nik avait rajouté quatre Komandos à la troupe de Kap’Tain’ Grub plus le Kasseur de Tank recruté sur les conseils de Snik. Il avait gardé avec lui ses cinq vétérans, Karak, Nor’Duk, Snik, Bork et Nork. Six autres Komandos complétaient le groupe, des Blood Axe pur jus, aussi efficaces que disciplinés, et ils n’avaient pas tardé à s’intégrer.
Quand Grug’Nik se pointa, en revenant de son entrevue avec T’Sardon’Sark, il trouva tous ses Boyz en plein exercice, sous les ordres de Kap’tain’ Grub. Un attroupement de Goff, d’Evil Sunz et de Bad Moon hilares les regardaient ramper, sauter, courir et se battre à mains nues. En voyant arriver le chef des Komandos, un Nob l’interpella. C’était un Bad Moon nommé Naz’Grod, une grosse brute avec deux énormes dents en or et une multitude d’anneaux du même métal accrochés aux oreilles ou au nez.
- Hey Grug’Nik ! C’est comme ça qui z’apren’ à casser du Z’Hom tes Boyz ! Y font mumuz’ com’ des Grot.
Les rires redoublèrent et les quolibets se mirent à pleuvoir en direction de Komandos qui stoppèrent les exercices pour regarder leur chef s’approcher de Naz’Grod un sourire aux lèvres. Les deux Nob’z se retrouvèrent face à face, à moins d’un mètre l’un de l’autre. Ils étaient sensiblement de la même taille et tous les deux affichaient une musculature impressionnante mais la corpulence de Naz’Grod le faisait paraître plus grand. Selon toute évidence il était venu pour chercher la bagarre et Grug’Nik décida de ne pas le décevoir.
- S’lut Naz’Grod ! Tu t’pointe là pour apprend’ à t’battre ?
- Tu m’fais marrer Grug’ ! Les Bad Moon y z’on la guerre dans l’sang, pas b’soin d’tes conseils.
- Tu d’vrais, pa’sque les Bad Moon y z’on morfler l’aut’ jour. Nad’Shark y s’est fait botter l’cul par les Z’Hom.
A l’évocation de la défaite du Boss des Bad Moon face aux Space Marines un silence de plomb tomba sur l’ensemble des Boyz rassemblés autour des deux Nobz. La tension monta d’un cran et Naz’Grod, sur la défensive, marqua un temps d’arrêt avant de répondre.
- Nad’Shark il a dit qu’c’était une sacré baston et qu’les Bad Moon y c’taient ben battu. On va y r’tourner qu’il a dit aussi !
- Ouai j’sais. L’Big Boss il a dit qu’on v’nait avec vous pour vous r’filer un coup d’pogne. Y doit penser qu’les snot’ de Bad Moon y z’ont b’soin d’vrais Orks pour faire la Guerre.
Naz’Grod encaissa moyennement l’insulte et il décocha un formidable coup de poing en direction de la tête de Grug’Nik. Le Nob des Komandos, qui avait anticipé, esquiva facilement et utilisa l’élan de Naz’Grod pour l’envoyer bouler cul par-dessus tête. Le Nob des Bad Moon s’affala de tout son long sur le sol en béton, provoquant l’hilarité des Komandos et d’une partie des autres Orks, essentiellement des Goff et des Evil Sunz. Il se releva aussitôt et un Kikoup apparut dans sa main Droite.
Spontanément, un cercle se forma autour des deux Nobz. Ce genre de combat était courant entre Boyz, mais il était beaucoup plus rare de voir deux Nobz s’affronter. Les paris commencèrent à être lancé et chaque Ork se mit à scander le nom de son favori. Grug’Nik n’avait pas d’arme sur lui et il se mit en garde, faisant jouer les articulations de ses doigts avant de serrer les poings. Naz’Grod le toisa de toute sa hauteur et se tourna vers les Bad Moon pour obtenir leur soutien. Ces derniers se mirent à crier de plus belle le nom de leu chef.
Les deux Nobz s’observèrent pendant quelques secondes, chacun jaugeant son adversaire et cherchant une ouverture pour se lancer à l’attaque. Naz’Grod fut le premier à engager le combat. Il chargea en brandissant son Kikoup. Grug’Nik esquiva au dernier moment et son coude vint cueillir le Bad Moon en pleine face, faisant sauter une de ses dents en or. A peine sonné par la violence du coup, Naz’Grod contre-attaqua et frappa de taille en direction du Komando. Surpris, Grug’Nik se recula rapidement, mais le Kikoup lui laissa une méchante estafilade sur le torse. La vue du premier sang déclencha des cris de joie dans l’assistance. C’était pour tous la confirmation d’un combat à mort et les paris repartirent de plus belle. Seul Kaptain’ Grub et les Komandos restèrent d’un calme absolu, ne perdant pas une miette de ce qui se passait au centre de l’arène improvisée.
Ne voulant pas laisser de répit à son adversaire, Naz’Grod enchaîna une série d’attaques qui forcèrent Grug’Nik à reculer. Alors que la lame du Kikoup devenait de plus en plus menaçante à mesure que les coups se rapprochaient, le Komando décida que le jeu était terminé. Il bloqua la dernière attaque de Naz’Grod en lui attrapant le poignet et lui envoya son poing dans la mâchoire. La violence du coup stoppa net le Bad Moon et il n’eu pas le temps de réagir quand un autre lui fit sauter sa deuxième dent en or et l’envoya s’affaler une nouvelle fois au sol. Fou de rage il se releva et fonça sur Grug’Nik en hurlant.
- t’es mort Grug’Nik !
Le Komando intercepta la charge et saisit à nouveau le poignet de Naz’Grod pour neutraliser le Kikoup. Les deux Nobz restèrent accroché l’un à l’autre, tentant de se repousser mutuellement. Grug’Nik fini par se laisser rouler en arrière, cala son pied droit dans l’aine de Naz’Grod et le projeta par-dessus lui. Le Nob Bad Moon atterrit au milieu des ses Boyz. Grug’Nik, qui s’était déjà remit debout, le regarda se relever et lui montra un anneau de métal qu’il tenait entre son pouce et son index. Une goupille de grenade.
- C’est toi qu’est mort Naz’Grod !
Le Bad Moon pris soudain conscience que quelque chose était coincé entre sa peau et le plastron de son armure et tenta en vain de le retirer. Grug’Nik se jeta à plat ventre, imiter par tous les Orks présents, juste avant que le haut du corps de Naz’Grod ne soit pulvérisé par l’explosion.
Tout le monde se releva, à part trois Bad Moon qui n’avaient pas réagit assez vite, et des acclamations saluèrent la victoire de Grug’Nik. Les gagnants des paris récupérèrent leurs gains et la foule des Boyz se dispersa, laissant les Komandos à leurs affaires. Même les Bad Moon ne s’attardèrent pas. Leur Nob avait perdu, tant pis pour lui, un autre n’allait pas tarder à prendre sa place. Les Komandos se rapprochèrent de Grug’Nik et Kaptain’ Grub lui tendit les deux dents en or de Naz’Grod qu’il venait de ramasser sur le sol. Le Nob les pris en hochant la tête et les regarda quelques instant avant de les mettre dans une de ses poches. Karak rompit le silence et interpella Grug’Nik
- Hey Boss, ben vu l’coup d’la grenade !
- Une idée d’Snik. Faut toujours en avoir une à portée d’main. j’sort jamais sans.
En entendant son nom le Boyz sortit du rang et salua son chef
- content d’voir qu’mes conseils y servent à quequ’chose Boss.
- Tien c’est cadeau !
Grug’Nik lui lança la goupille qu’il tenait toujours la main avant de poursuivre ;
- On prend tout l’matos et on s’casse ce soir ! Y a les potes des Marines de l’aut’ jour qui s’pointent. Faudrait pas qu’y z’attendent.
La bataille de Jorune (3)
Fort Krall, poste avancé de la garde impériale, se trouvait sur la route menant à Coral VII, à peut près à mi-chemin entre cette dernière et la cité ruche Jorune. La presque totalité de la garnison avait été envoyée au secours de la cité minière et s’était fait anéantir lors de la bataille contre les Orks. Seul un petit contingent d’à peine cinquante hommes continuais d’occuper les lieux. C’était essentiellement de jeunes recrues, tout juste sorties des camps d’instruction, commandés par un officier vétéran, le Major Gibson. Sitôt le contact rompu avec la cité minière, le Major Gibson avait envoyé une demande de renfort au haut commandement de la Garde à Jorune. Il lui fut répondu que la 6ème compagnie de Space Marine du chapitre des Storm Watcher, actuellement positionner au sud, faisait route vers eux. Les Astartes, commandés par le Frère Capitaine Oratius, arrivèrent le soir même et établirent leur quartier général dans le fort.
Pendant les trois semaines qui suivirent des milliers d’Orks traversèrent les forêts avoisinantes pour converger en direction de Coral VII et les Space Marines menèrent de nombreuses opérations d’interception, notamment dans la Forêt d’Islarn, à l’ouest de Fort Krall. Très désorganisées au début, les Orks subirent de nombreuses pertes mais ils prirent très vite conscience de la menace que représentait les Storm Watcher. Des unités spécialisées dans l’embuscade furent envoyées contre les Space Marines, leur infligeant une cuisante défaite au cœur de la forêt d’Islarn. Trois escouades, dont celle de commandement du Capitaine Oratius, furent exterminées par les Orks alors qu’elles revenaient d’une confrontation victorieuse près de la lisière nord. Trois jours plus tard, deux escouades de la 6ème compagnie, appuyées par deux blindés et le Dreadnougth Frère Almerius, interceptèrent une force conséquente d’Orks dans la Forêt de Krall et forcèrent les rares survivants à se replier en direction de la cité minière tenue par leurs congénères.
A la suite de ces événements, la garnison du Fort de Krall fut renforcée par l’arrivée du 2ème Bataillon de Fusillés Jorunien commandé par le Colonel Jackson et du 3ème peloton blindé des Sangliers de Jorune sous les ordres du Commandant Rickenbacker. En tout, deux mille hommes et trente blindés, ce que le Major Gibson qualifia de très insuffisant face à la multitude de peaux vertes dont les effectifs augmentaient chaque jours un peu plus. Dans le même temps, le Frère Capitaine Sidélius, officier en second de la 6ème Compagnie des Storm Watcher, demanda aux deux escouades qui avaient combattus les Orks dans la Forêt de Krall de continuer vers le nord et de s’approcher au plus près de Coral VII afin d’avoir un rapport précis de l’activité des Orks. Il partageait l’avis du Major Gibson, pensant que le haut commandement de la garde de Jorune sous estimait la situation. La suite allait leur donner raison à tous les deux.
La bataille de Jorune (4)
Chapitre 2
Comme à leur habitude, les Komandos s’étaient éclipsés bien avant le départ des Bad Moon et des Evil Sunz. Les Z’Hom avaient été localisés en lisière nord de la forêt de Krall et les Boyz de Grug’Nik avaient pour mission de neutraliser au moins l’un des Tanks qui les accompagnaient. Selon Nad’Shark, c’était des transports de troupes de grande taille très résistant et bien armés. La partie s’annonçait difficile et la présence d’un Dred’ allait sûrement compliquer les choses. Ils ne bénéficieraient pas de l’effet de surprise comme lors de la dernière embuscade, tout reposerait sur leur aptitude à s’approcher au plus près sans se faire repérer.
De leur coté, les Boyz Bad Moon rassemblés par Nad’Shark Trépignaient d’impatience à bord des quatre trucks et des deux chariots de guerre dont les moteurs ronflaient bruyamment en attendant l’ordre de partir. La Majorité des véhicules appartenaient aux Evil Sunz, « aimablement » mis à disposition par Skull’Raug à la demande de T’Sardon’Sark en personne. Le Big Mek était d’ailleurs aussi du voyage, perché sur son Truck de commandement, accompagné d’une dizaine de ses fidèles Mékanos. Il n’était pas forcément très heureux d’être là, mais les arguments de Mor’Goff, le lieutenant de T’Sardon’Sark, avaient été suffisamment convaincants pour le décider. Quelques dents manquantes et un œil à demi fermé en attestaient. Le reste de la bande était composé de deux Buggy et d’une dizaine de motards Evil Sunz qui faisaient hurler leurs engins à grand coup d’accélérateur.
Celui que tous attendaient, Nad’Shark le Boss des Bad Moon, arriva enfin, flanqué de deux de ses Nobz. Tous trois portaient une méga armure de couleur jaune ornée des symboles du clan Ils avançaient d’une démarche pesante dans le chuintement des vérins et le cri strident des servomoteurs, chacun de leur pas produisant un bruit métallique à peine couvert par les grondements des moteurs. Ils se dirigèrent vers un truck vide, le seul aux couleurs des Bad Moon, et Nad’Shark fut le premier à se hisser dedans. Les suspensions protestèrent en grinçant et le véhicule tangua légèrement quand le Boss s’installa à l’avant de la caisse, juste au-dessus de la cabine du pilote. Quand les deux Nobz l’eurent rejoint à bord, il donna le signal du départ. Les moteurs se mirent à rugir et les échappements crachèrent des nuages de fumée noire. Le truck de Nad’Shark s’élança en premier, emmenant dans son sillage le reste des véhicules.
Ils roulèrent en file indienne jusqu’au porte de la ville, sous les acclamations des autres orks qui s’étaient agglutinés sur le chemin pour les voir passer. Une fois sortit complètement des faubourgs ils se déployèrent, adoptant une formation en pointe de flèche très ouverte dont le centre était le truck de Nad’Shark. Les motos des Evil Sunz se portèrent devant et les Buggys se détachèrent de chaque coté. Alors qu’ils avaient parcouru la moitié de la distance entre la ville et la forêt de Krall, un escadron de trois Kopters les survola dans le sifflement aigu de leurs turbines. Les boyz à bord des trucks leur lancèrent des cris d’encouragement que les pilotes n’entendirent pas. Les Kopters virèrent sur la droite et décrivirent un large cercle au-dessus d’eux et foncèrent en direction de la forêt.
Grug’Nik entendit le sifflement caractéristique des Kopters se rapprocher et fit une grimace. Lui et ses boyz étaient arrivés dans la forêt de Krall par les montagnes. Ils avaient parcouru toute la distance en partie de nuit et en marche forcée afin d’être sur la zone bien avant l’arrivée de Nad’Shark. La présence des Kopter signifiait que le Boss des Bad Moon ne devait pas être bien loin et Grug’Nik n’avait toujours pas localisé les Tanks. Au même moment l’un des boyz qu’il avait envoyé en éclaireur émergea d’un fourré à une trentaine de mètre et lui fit signe en levant le pouce en l’air. Contact. Le Nob ne perdit pas de temps et fit une série de gestes en direction des Komandos le suivaient. L’ordre fut relayé jusqu’au dernier Boyz et tous se mirent en mouvement le plus silencieusement possible. Aucun ne remarqua la silhouette massive qui se dissimulait derrière un taillis à une centaine de mètres sur leur flanc gauche.
Frère Almerius, vétéran au glorieux passé dont le corps faisait désormais partie intégrante du Dreadnougth de la 6ème compagnie des Storm Watcher, observa les Orks se déplacer. Grâce à ses capteurs thermiques il n’eut aucun mal à suivre leur progression dans la végétation. Mentalement il arma le canon d’assaut et vérifia le niveau de prométhéum de son lance flamme avant de se mettre en mouvement.
Alors que ses boyz commençaient à se déplacer, Grug’Nik entendit soudain le sifflement caractéristique d’un canon d’assaut rotatif s’élever sur sa gauche. Il tourna précipitamment la tête et vit, à une centaine de mètres, un gros buisson aux feuilles vert sombre s’agité en tous sens avant de s’abattre sur le sol dans un grand bruit de craquement. Émergeant de la végétation dans un nuage de feuilles et de brindilles, un puissant Dreadnought aussi noir que la nuit s’avança vers lui. Maudissant Gork, Mork et surtout se maudissant lui-même pour s’être laissé surprendre, il s’élança vers l’avant en criant.
- DRED’ ! DRED’ ! PLANQUEZ-VOUS !
Les Komandos réagirent aussitôt et tous se mirent à courir avant de plonger à terre dans un repli de terrain salvateur au moment même ou le Dreadnougtht ouvrait le feu. L’air fut saturé de projectiles et Grug’Nik ressentit une vive douleur à l’épaule avant de s’affaler tête la première à l’abris du couvert. Un boyz moins chanceux fut déchiqueté par les balles perforantes et ce qui restait de lui s’écroula sur le dos du Nob en une masse sanglante. Le tir cessa et les Ork entendirent leur ennemi se rapprocher, sa démarche pesante faisant résonner sourdement le sol de la forêt. Une deuxième salve balaya le sol avant de passer au-dessus de leurs têtes, réduisant la végétation en nuage de débris et de feuilles. Un autre komando, pas suffisamment plaqué au sol, fut soulevé de terre par les impactes de balles et transformé en charpie. Non loin de lui, Grug’Nik vit Snik décrocher de sa ceinture une des grenades cylindriques qu’il avait récupéré sur des Z’Hom, la dégoupiller et la lancer en direction du Dreadnought. Il y eu une petite explosion suivit d’un chuintement alors que la grenade crachait un nuage de fumée grise, formant un écran opaque entre les Orks et leur agresseur.
Les Ork entendirent le Dreadnought s’arrêter derrière l’écran de fumée, à environ une vingtaine de mètres d’eux. Après un bref laps de temps il se remit à tirer de courtes rafales dont une qui vaporisa la tête d’un Boyz qui avait eu la mauvaise idée de la relever. Grug’Nik eu la confirmation que le Dred’ pouvait les voir ou du moins les distinguer à travers la fumée. Il jeta un œil en direction de deux Boyz qui portaient les Krameurs.
- Nor’Duk ! Fait cracher ton Krameur au d’ssus d’nos tronches. Pour les Z’autre, on fonce par les cotés, on Fling et on cours. Snik, tu t’le fais !
Les capteurs thermiques de Frère Almerius furent soudain saturés par deux sources de chaleur intense qui s’élevèrent derrière le nuage de fumée. Complètement aveuglé il bascula en vision normale et se retrouva au beau milieu d’un brouillard grisâtre qui se dissipait lentement. Il entendit les Orks crier et aperçut quelques silhouettes se lever et courir sur le coté. Des tirs soutenus grêlèrent son blindage avant sans faire autre chose que d’écailler la peinture. Surpris par la témérité des Orks, Almerius ouvrit le feu et arrosa la zone avec son canon d’assaut. Un Boyz un peu trop lent pour choisir de quel coté il allait partir fut éparpillé par le tir du Dreadnought. Un autre termina sa course la tête la première dans ce qui restait d’un buisson d’épineux et ne se releva pas, la moitié inférieure de son corps ayant disparut dans un nuage sanglant. Se voyant déborder sur sa gauche, Frère Almérius actionna son Lance Flamme et une large portion de végétation s’embrasa, carbonisant un Ork et obligeant les autres à s’écarter de leur trajectoire.
Snik, qui venait d’échapper de justesse aux balles se retrouva pratiquement au contact avec le Dred’. Le monstre d’acier, qui le dominait de toute sa hauteur, achevait juste de pivoter vers la gauche, lui présentant sa partie arrière. Trop content de l’aubaine il s’empara d’une grenade Kass’Tank, enclencha le mécanisme d’armement et tenta de la fixer à la base de ce qui devait être l’unité motrice. Le Dreadnought pivota de nouveau et Snik s’écarta rapidement pour ne pas être happé par la gaine d’alimentation du canon d’assaut. Il lâcha la grenade Kass’Tank qui tomba sur le sol entre les jambes du Dred’. L’engin explosa, l’essentiel de sa puissance se dispersant dans le sol en formant un mini cratère. Le souffle fut quand même suffisamment puissant pour projeter Snik contre le tronc d’un arbre au pied duquel il s’affala et ne bougea plus. Le Dreadnought fut déséquilibré et oscilla quelques secondes dans le rugissement de ses stabilisateurs gyroscopiques.
Frère Almerius retrouva son équilibre et se déplaça sur ses deux jambes d’acier et de titane en arrosant le périmètre avec son canon d’assaut. Les Orks étaient partout et cette engeance ne se laissait pas tuer facilement. Venant de sa droite il perçut une quelque chose voler vers lui. L’instant d’après un chapelet d’objets sphériques et cylindriques reliés entre eux par un câble s’enroula autour de son canon. Une succession de déflagrations ébranlèrent sa structure et les capteurs de l’arme devinrent muets.
Débarrassé de la menace du canon d’assaut, les Komandos restant se réorganisèrent rapidement, tournant autour de leur adversaire, autant pour éviter le lance flamme que pour tenter de le déstabiliser. L’un d’eux s’approcha par l’arrière avec une grenade Kass’Tank mais le Dreadnought pivota vers lui, l’attrapa avec son énorme pince et lui broya le haut du corps. Grug’Nik profita de la diversion pour courir vers Snik qui gisait toujours au pied d’un arbre. Il s’empara rapidement du lance roquette et revint vers sa position initiale. Le Dreadnought se tourna dans sa direction mais un tir soutenu de Gro’Fling le fit changer d'objectif.
Alors qu’il alignait le Dreadnought dans le viseur de l’arme, Grug’Nik aperçut un autre groupe d’Orks approcher de l’autre coté de sa cible. Kaptain’ Grub et ses Boyz se pointaient juste à temps pour les aider à se débarrasser du Dred’. Il affina sa visée et actionna la mise à feu. Au même moment un lance roquette tira depuis la position de Kaptain Grub. Les deux projectiles filèrent ensemble en direction du Dreadnought, laissant derrière eux une longue traînée blanche. Celui de Grug’Nik manqua sa cible d’un bon mètre et alla exploser contre un arbre une dizaine de mètres plus loin. L’autre roquette toucha l’arrière gauche du Dreadnought au niveau du réservoir de prométhéum du lance flamme qui explosa en produisant une énorme boule de feu.
A l’intérieur du Dreadnought la chaleur monta bien au-delà du supportable même dans le sarcophage blindé ou reposait le corps de Frère Almérius. Les voyant d’alerte s’affolèrent et les réseaux de câbles surchauffés qui reliait le vétéran des Storm Watcher à la machine disjonctèrent les uns après les autres. Pour la première fois depuis des siècles, Almérius ressentit les affres de la douleur. Ayant perdu toutes les sensations qui le liaient à l’extérieur il eut un bref moment de panique et puis l’image de l’empereur se forma dans son esprit. Almérius se laissa aller à la contemplation de cet être merveilleux qui lui tendait les bras en souriant. Il y eu une violente explosion de lumière et se fut la fin.
Un deuxième tir de roquette, venant du groupe de Kaptain’ Grub, toucha le Dreadnought par l’arrière et le colosse d’acier explosa, projetant des centaines de débris incandescents dans toutes les directions. Les jambes fumantes du Dreadnought restèrent debout quelques secondes encore avant de s’effondrer dans un fracas métallique.
Quand les Orks se relevèrent et brandirent leurs armes au-dessus de leurs têtes en criant victoire, Grug’Nik constata amèrement que son groupe avait payé un lourd tribu. Karak et Nor’Duk était debout, ainsi que Bork, mais Nork n’était pas là et Snik gisait toujours au pied de l’arbre. Les six autres, les nouvelles recrues de la bande, avaient aussi livré leur dernier combat. Pour couronner le tout il ressentit une vive douleur au bras droit. L’intensité du combat lui avait fait oublier qu’une des balles du Dréd’ lui avait labouré l’épaule. Il grimaça de douleur en la faisant remuer mais décida que ça serait supportable. Ils avaient encore des tanks à trouver… et si possible à détruire.
***
09 septembre 2008
Invasion
Voici un de mes premiers textes ecrit dans l'univers du jeu de figurines Warhammer 40K
Invasion
Jerek était le sergent de l’Adeptus Arbite chargé de la sécurité du complexe industriel Polaire de Gorgonia. Lui et les dix hommes qui étaient sous ses ordres, devaient faire respecter la loi de l’imperium à une population qui avoisinait les cent milles personnes. Ils étaient aidés dans leur tache par un réseau de caméras et une centaine de drones de surveillance qui parcourait en permanence les couloirs et les allées de la cité ruche. Contrairement à beaucoup d’autres cités ou sévissaient la pègre et les sectes hérétique, ici c’était plutôt calme. En raison du climat glacial, les ouvriers préféraient se confiner chez eux quand ils ne travaillaient pas et il ne devait pas y avoir plus d’une douzaine de bars sur l’ensemble de la cité. Bref, depuis dix ans qu’il était en poste ici Jerek s’était enfermé dans une routine qui lui convenait tout à fait et il comptait bien continuer comme cela jusqu'à sa prochaine affectation. C’est à cela qu’il pensait ce soir là quand l’intercom fixé à sa ceinture vibra. Il vérifia l’écran sur lequel apparu le visage du caporal Stan Barkley son second.
- Qu’y a t’il Stan ?
- Sergent, il faut que vous veniez immédiatement au centre de stockage, on à un homicide …
- Un quoi ?
- Un homicide, enfin deux pour être précis et ce n’est pas beau à voir.
- Ne touchez à rien j’arrive !
Jerek enfourcha sa moto antigrav et décolla en trombe en direction du centre de stockage à l’autre bout du complexe. En chemin il se remémora les paroles de Stan ; un homicide ? Jusqu'à maintenant les morts violente étaient surtout des accidents et souvent au sein des usines. Les homicides volontaires étaient peu courant, voir même extrêmement rare. En dix ans Jerek en avait traité moins de vingt, ce qui devait être le record le plus bas de tout l’Impérium. Ça le changeait des tueries journalières qu’il avait connues à Morgis, la colonie minière plus au sud, ou dans la cité ruche de Tanar dans la région tropicale.
Il sortit des quartiers résidentiels et pris la grande artère qui traversait de part en part le secteur des raffineries avant de bifurquer sur la droite et de longer les docks de l’Astroport. Juste avant d’entrer dans le centre de stockage Jerek remarqua l’étrange couleur de la lune mais il n’y prêta pas plus d’attention. Il arrêta sa moto près du blindé de L’Adeptus Arbite ou l’attendait un de ses hommes qui le conduisit à l’intérieur d’un entrepôt. Stan l’attendait en compagnie de deux autres de ses hommes et tous étaient visiblement nerveux.
- Alors Stan, c’est ou cet homicide ?
- Je dirais plutôt cette boucherie Sergent, vous allez constater par vous-même et je vous assure, c’est pas beau à voir. Un drone de surveillance à découvert ça il y a moins d’une heure et nous a prévenu sur le canal d’urgence.
- Vous avez des témoins ?
- Négatif Sergent, c’est le grand désert ici à cette heure là et on ne sait toujours pas qui sont les types qui se sont fait buter. Gavin à fait des prélèvements pour une identification mais leur ADN est corrompu.
- Comment ça corrompu ? Ne me dite pas que nous avons affaire à une infestation du Chaos ?
- Non Sergent ! Gavin y a pensé aussi au début mais en fait ça n’a rien à voir, il penche plutôt pour une sorte de bactérie, d’enzyme ou un truc dans le genre.
- Allons voir les corps Stan, je n’aime pas ça et j’ai comme un mauvais pressentiment.
- Suivez moi Sergent, c’est par là.
Les deux hommes se dirigèrent vers le fond de l’entrepôt ou un drone de surveillance flottait à deux mètres du sol, ses projecteurs braqués sur une scène à la limite du supportable. Jerek eu un haut de cœur en la découvrant et réprima difficilement une envie de vomir. Il y avait bien deux corps, mais dans quel état. L’un d’eux avait été coupé en deux au niveau de la taille et le tronc n’était qu’une bouillie sanguinolente d’où s’écoulait les entrailles. Le deuxième était dans un état similaire sauf qu’il manquait la tête et toute la partie gauche de la taille à l’épaule. Ils étaient recouverts par endroit d’une humeur blanchâtre qui semblait s’étendre à vue d’œil.
- Qu’est ce qui à pu faire une chose pareil ? Demanda Jerek avec un voile dans la voix.
- Aucune idée Sergent, mais ça n’est sûrement pas humain.Dit Stan en contournant les restes sanglants par la droite.
- Pas un animal non plus, il y bien longtemps qu’ils ont disparut de cette région.
- Gavin à parlé de xéno-machin…
Stan n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une longue pointe acérée jaillit de sa poitrine et il fut soulevé du sol. Jerek vit avec horreur le mur de l’entrepôt s’animer, se transformant en un être de cauchemar. Il mesurait au moins six mètres de haut, de forme vaguement humanoïde avec une tête pourvue de tentacules qui faisait penser à une pieuvre. Il possédait six membres : deux pattes massives en partie repliées qui lui permettait de se déplacer, deux bras terminé par des " mains " à quatre doigts armés de griffes démesurées et deux pinces énormes rappelant celle d’une mante religieuse qui s’ouvraient et se fermait rapidement en produisant un claquement sinistre. Son corps était recouvert d’une carapace chitineuse dont la couleur, en perpétuel changement, se fondait avec celle de son environnement proche, le rendant quasiment invisible par moment. Il possédait aussi une longue queue terminée par un dard sur lequel était empalé le pauvre Stan.
- Xénomorphe ! Lâcha Jerek dans un souffle, incapable de bougé, comme hypnotisé par la formidable créature qui se dressait devant lui.
Le monstre souleva Stan au niveau des deux énormes pinces et l’une d’elles le trancha en deux. La partie supérieure du corps atterrit aux pieds de Jerek dans un " splash " atroce, l’éclaboussant de sang et de viscères. Dans une semis conscience Jerek dégaina son pistolet bolter et vida son chargeur sur la créature qui commençait à s’avancer vers lui. Elle tressaillie sous les impacts des balles explosives et se dressa de toute sa taille en poussant un cri strident. Jerek en profita pour s’enfuir en direction de la porte de l’entrepôt d’où il vit déboucher Gavin et deux autres de ses hommes qui accouraient armes aux points.
- Couchez-vous Sergent ! Hurla Gavin
Jerek fit encore quelques pas et se projeta à plat ventre juste devant les trois hommes. Ceux-ci ouvrirent le feu et criblèrent le monstre de balles. Toujours allongé sur le sol Jerek saisit un chargeur à sa ceinture et remplaça le vide avant d’ouvrir le feu de nouveau. Il concentra ses tirs sur la tête de la créature qui continuait d’avancer malgré le feu nourrit des hommes de l’Adeptus Arbite. Il entendit le bruit caractéristique du lance grenade des fusils d’assaut et une seconde plus tard deux déflagrations retentirent presque en même temps. La créature fut stoppée net par les explosions et s’affaissa dans un hurlement d’agonie. Jerek, le doigt crispé sur la détente de son arme, vida le reste de son chargeur sur le monstre et resta immobile et hagard jusqu'à ce que Gavin vienne l’aider à se relever.
- C’est bon, je crois qu’il est mort Sergent. Ça va ? Vous n’êtes pas blessé ?
- Non, c’est bon Gavin, je n’ai rien…. Qu’est ce que c’était que cette chose ?
- Un xénomorphe Sergent ! Une saloperie qui nous arrive tout droit de l’espace. Et je peux même vous dire qu’il n’est pas venu seul. Venez voir dehors, je crois qu’on a un sérieux problème.
Jerek suivit ces hommes à l’extérieur et fut cloué sur place par le spectacle qu’il découvrit en franchissant la porte. La lune avait prit une teinte rouge sang et le ciel était saturé d’une multitude de particules phosphorescente en suspension. L’air était devenus presque irrespirable Des objets ressemblants à des météorites tombaient par centaines tout autour d’eux, défonçant les toits des bâtiments le sol en béton. L’un d’eux, de la taille d’un tank, s’écrasât à quelques mètres et la violence de l’impact les projeta au sol. Il éclata comme un fruit mur libérant une centaine de créatures toutes de griffes et de dents qui se jetèrent sur eux. Trop sonnés par le choc il regardèrent la mort arriver sans même avoir la volonté ni de fuir, ni de se défendre.
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Un vaisseau de l’imperium arriva sur place un mois après que le contact ai été interrompu avec Gorgonia. Il ne trouva qu’un gros caillou ou toute forme de vie avait disparut. Ce fut l’une des premières victimes de ce que l’on allait bientôt appeler " La Menace Tyranide "




